Egypte

Chapitre 7 : Il faut sauver le soldat touriste

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Je suis à l’aéroport du Caire, il est à peine 6h30. Mon avion ne décolle qu’à 15h, mais impossible de rester une minute de plus dans cet Airbnb. J’en profite alors pour avoir une discussion à bâtons rompus avec Walid. Son attitude intolérable et égoïste a bien failli me jouer des tours.

Alors qu’il me reste encore quelques jours en Egypte, je décide de les passer à Sharm-el-Sheik, histoire de décompresser un peu et de profiter du soleil et de la plage. Du moins, c’est ce que j’imaginais. Cependant, l’anniversaire de la révolution arabe étant dans toutes les têtes, je sens les contrôles particulièrement poussés dans l’aéroport. Plusieurs contrôles de sécurité s’enchaînent, les uns à la suite des autres. On me fouille pour vérifier que je n’ai pas des traces de poudre jusque dans ma barbe et sur mes appareils électroniques. On me demandera même d’allumer mon PC pour prouver que ce n’est pas un faux ou un dispositif pour un engin explosif.

Sharm-el-Sheik n’est décidément pas le Caire

Une fois arrivé à Sharm-el-Sheik, je prends un taxi pour m’emmener dans mon hôtel. Cette fois-ci, je n’ai pas trouvé d’hostel donc je me retrouve dans un établissement un peu plus onéreux que d’habitude. L’endroit en question se situe derrière un barrage militaire. Je dois d’abord montrer ma réservation, mon passeport et expliquer la raison de ma venue aux soldats placés devant la barrière. Une fois arrivé devant l’hôtel, je paie, emporte mes deux sacs et me voit contraint de montrer, une nouvelle fois, ma réservation et mon passeport à un garde posté devant un portique. Je passe à travers ce dernier et me dirige vers la réception où l’on me fournira un bracelet avant de m’accompagner jusque dans ma chambre.

A plus d’un endroit, des barrages militaires qui régulent le flux des visiteurs

L’un des employés m’explique que je ne dois absolument pas perdre ce bracelet car c’est mon passe-droit dans l’hôtel, ce qui est logique, mais aussi une preuve d’identification de la zone. Je peine à comprendre, mais l’homme m’indique que tous les hôtels sont situés dans une zone protégée, la Naama bay, surveillée par des militaires 24 heures sur 24. Concrètement, pour assurer la sécurité et faire revenir des touristes, l’endroit est en permanence contrôlé et, sans bracelet, il est impossible de rentrer dans la zone après 18h. Idem pour les voitures, après cette même heure, interdiction de rentrer dans la baie. Il faut que la voiture dépose ses passagers avant le barrage militaire, que ces derniers montrent leur bracelet et puissent faire le reste du chemin à pied. Il faut dire que la région a été touchée par des attentats le 23 juillet 2005 où sept explosions se sont déclenchées de manière simultanée à plusieurs endroits, provoquant 150 blessés et 88 morts. L’année d’après, le 24 avril, de nouvelles attaques ont visé Dahab, une autre station balnéaire, située à une heure de route de Sharm-el-Sheik. Cette dernière est donc très prudente et veut permettre aux touristes de pouvoir passer un bon moment sans craindre une potentielle menace. Et c’est dans cette ambiance particulière que j’ai passé mes trois derniers jours en Egypte.

Les rues de la Naama Bay sont désertes

Sharm-el-Sheik, en particulier la Naama Bay, n’est qu’une bulle artificielle où l’on trouve restaurants, cafés, boîtes de nuits, piscines, casino, bars à chichas où ne se côtoient que les touristes. Personne ne se parle, tout le monde reste de son côté, ils sont là pour profiter de leur hôtel all-in, boire des bières pas chères et danser jusqu’au bout de la nuit sans se soucier du reste. Un véritable paradis artificiel, mais qui est particulièrement vide en cette période. De nombreux magasins, bars et autres activités étaient fermés car c’est la basse saison. A peine 24 degrés, mais déjà plus appréciable que les 18 du Caire ou les 15 d’Alexandrie. L’impression d’être dans une ville fantôme m’envahit de plus en plus. Bien évidemment, partir tout seul n’y est pas vraiment recommandé. J’ai énormément envie de me rendre à Sainte-Catherine pour visiter un monastère, mais le trajet n’est pas de tout repos ! De nombreux passages sont surveillés par des checkpoints militaires et peu sont autorisés à y circuler librement. Je me résous à prendre une excursion, qui sera finalement annulée pour un snorkeling dans la mer Rouge et une visite dans le canyon.

De beaux paysages lorsque l’on quitte la bulle touristique, malheureusement on récupère les mêmes touristes après

Mon voyage égyptien s’achève enfin, je n’ai plus qu’un avion à reprendre pour le Caire avant de filer en Chine, à Pékin précisément pour quelques jours. Nous sommes en mi-janvier 2020, le coronavirus a investi les rues de Wuhan, mais semble, à ce moment précis, encore loin des préoccupations mondiales.

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