Sri Lanka

Chapitre 2 : Surprise à bord

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Je me réveille à l’aube alors que mes compagnons de chambre sont encore profondément endormis. Je dois prendre le train très tôt en direction de Kandy, située dans le centre du Sri Lanka. Au programme, deux à trois heures de transport pour parcourir les 120 kilomètres qui me séparent de la ville depuis Colombo. J’avais réservé ma place à l’avance car j’avais entendu dire qu’elles partaient comme des petits pains. Je trouve un tuk-tuk pour m’amener à la gare après avoir négocié le prix et débarque au guichet. Cependant, je me fais remballer à deux reprises car mon ticket n’est pas valide. Je ne comprends pas et téléphone au service client du site web sur lequel j’ai effectué ma réservation.

-Bonjour, je vous appelle car j’ai réservé un billet de train via votre site au départ de Colombo, direction Kandy. On me refuse l’accès au train car mon ticket n’est pas valide pourtant j’ai reçu un mail de confirmation…

-Avez-vous le numéro de la réservation ? Me demande-t-on calmement

-Oui, bien sûr, Répondis-je

-Haaa oui! S’exclame la voix ! Vous aviez réservé il y a trois jours, exact ?

-Oui, c’est bien ça…

-Ha, mais vous ignorez peut-être qu’hier c’était un jour férié ?

-Je ne comprends pas le rapport

-Votre ticket n’a pas pu être validé car les services étaient fermés

-Oui, mais j’ai effectué la réservation il y a plusieurs jours

-Ha, mais on attend toujours le dernier moment pour réserver

-Ha okay… Rigolais-je, donc qu’est ce que je peux faire là ?

-On vous remboursera car là tous les tickets sont probablement tous partis

Coincé pendant une heure à la gare de Colombo

Je commence à comprendre comment fonctionne le Sri Lanka. Je ne peux m’empêcher de sourire, même si mes 5 heures de sommeil me rendent crispé au plus haut point. Je fais la file près des guichets en espérant choper les derniers billets. Il faut savoir qu’au Sri Lanka, les tickets de train sont divisés en plusieurs catégories : la 1ère, la 2e et la 3e classe. Seules les premières et deuxièmes classes peuvent être réservées à l’avance, les troisièmes se prennent le jour même. La première classe est surtout disponible pour les trains longue distance, sinon en règle générale, elle n’existe pas. Bien entendu, elle n’équivaut en rien à nos trains belges. Je parviens, après m’être fait dépassé dans la file comme un malpropre à obtenir une place en deuxième classe, ce qui me permettra d’être assis pendant les trois heures de train. La troisième classe était déjà complète ! Etant donné que c’est la moins chère, beaucoup de Sri Lankais se ruent dessus et sont, généralement, moins chargés que moi avec mes deux gros sacs à dos. Pourtant, c’est celle qui possède le moins de sièges et qui implique parfois de rester debout des heures durant. 

La deuxième classe est relativement confortable

J’ai le Saint Graal dans mes mains et j’en profite pour attendre sur le quai de la gare. Le train aura une heure de retard. Un vent de nostalgie (poke SNCB) me souffle dans le cou. J’observe mon environnement. Un parfum d’épices flotte dans l’air mêlé à un nuage de poussière. A force de respirer à plein poumons, mes narines sont aussi sèches que le désert. Alors que j’étais perdu dans mon observation, un jeune homme s’assied à côté de moi et me salue. Je commence à discuter avec lui. Il est étudiant et prend des cours d’anglais à l’université de Colombo. Il a envie de s’entraîner et me demande si ça me dérange de parler avec lui.

-Vu qu’on a eu le festival de la lune, j’en profite pour rentrer chez moi à Badulla, me lance-t-il après que j’ai accepté sa requête

-Tu dois prendre quel train ? Je vais à Kandy, lui expliquais-je

-Ha, on prendra le même alors, c’est la ligne verte !

-Cool ! Qu’est ce que tu me recommandes au Sri Lanka ?

-Si tu aimes le surf, tu devrais aller jeter un œil au sud ! Il y a plein de coins sympas

-Je cherche plus un truc culturel où il y a un peu moins de touristes

-Alors fonce au centre et si tu as l’occasion, tu devrais rejoindre le nord. A la base, c’était interdit au tourisme jusqu’en 2015 à cause de la guerre civile. Maintenant, ce n’est plus dangereux, mais peu de touristes y vont…

-Intéressant ! Je vais essayer de m’y rendre ! Lui lançais-je emballé par l’idée

Le temps s’égraine à une vitesse folle, je dois interrompre ma conversation avec le jeune Sri Lankais et doit rejoindre mon wagon. Je le salue lui et sa famille et le quitte alors qu’il se dirige en troisième classe et moi en seconde.

Les trains au Sri Lanka sont, d’une part, assez vétustes et particulièrement lents. Comptez à peine 50 kilomètres/heure, croyez-moi vous avez le temps de voir le paysage défiler ! Les rails, héritage de la période coloniale, paraissent mal agencés et font très souvent sauter le train. On a plus souvent l’impression d’être à bord d’une grosse bagnole dans clip de rap des années 2000 plutôt qu’au sein d’un wagon. Qu’importe, ça ne peut pas être pire que les bus en Indonésie

La gestion des déchets est aussi une problématique importante au Sri Lanka

C’est déjà le milieu de l’après-midi lorsque j’arrive à Kandy. La ville est très chouette, mais remplie de touristes ce qui me décontenance un peu. A chaque coin de rue, j’entends déjà des familles françaises râler sur le prix du pain, la température et le manque de bistrots pour boire une bière. Un délice !

Le tourisme est bien développé à Kandy, si bien qu’à chaque coin de rue quelqu’un vous accoste pour vous proposer de ramener des souvenirs pour votre famille. Épices, écharpes, service à thé, tout y passe, mais je ne cède pas. J’en profite pour flâner dans la ville, explorer les temples, les ruelles, observer la foule et le mélange bouillonnant des genres et cultures. 

D’impressionnants temples se trouvent à Kandy

C’est à ce moment que j’ai fait la connaissance du kottu, le plat sri lankais de la street food par excellence. Fait à partir de “roti” (fines crêpes coupées en petits morceaux), c’est un mix de légumes et viande (poisson ou poulet en général) avec des épices. L’ensemble paraît bizarre, mais est plutôt bon.

Cependant, je m’en rendrais compte par la suite, c’est un peu le plat standard que l’on peut trouver partout et surtout le seul que l’on peut aisément commander dans les petits bouis-bouis. J’ai fini par saturer, mais c’est un excellent met. Le reste de la nourriture sri lankaise est plutôt bonne, mais diablement épicée. Il me faut une heure pour finir un samosa curry fourré à la pomme de terre et à l’œuf. Trop épicé, à la limite de vider mes boyaux à chaque fois. Je m’y ferai aussi petit à petit, mais certains sont décidément trop costauds pour mon estomac de babtou.

Jolie vue depuis mon hostel

Mon hostel est situé au sommet d’une montagne. Okay, j’exagère, mais il est plutôt en altitude et offre une jolie vue sur la ville. Dans mon dortoir, j’ai fait la connaissance de Jeff, un jeune Suisse qui voyage tout seul. Cela fait un petit temps qu’il est au Sri Lanka, mais souhaite se diriger vers le centre, une des mes prochaines destinations. Le contact passe plutôt bien et je décide de l’accompagner, direction Dambulla. Nous décidons de prendre le bus dans deux jours afin de découvrir le vrai visage du Sri Lanka.

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