Italie

Chapitre 3 : Ouverture d’esprit

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Depuis mon arrivée en Sicile, je n’ai pu m’empêcher de constater à quel point les gens étaient plus sympas. Il existe une plus grande mixité de la population, on y voit plus d’étrangers et, en général, une plus grande ouverture d’esprit. A Messina, quelle ne fut pas ma surprise de trouver des distributeurs de cannabis médicinal, préservatifs, godes, butt plug ou encore boules de geisha ! C’est plutôt surprenant ! Je tomberai sur des distributeurs de ce type à de nombreuses reprises en Sicile.

un distributeur rempli de cannabis médicinal, sextoys et autres préservatifs

Un distributeur… original !

N’ayant pas encore testé un seul restaurant italien, je décide de me rendre dans une pizzeria à Messine. Ignorant complètement le fonctionnement des restaurants en Italie, je me trouve bien surpris de voir qu’il faut s’affranchir de 1,50 à 2 euros pour le prix des “couverts”. En outre, les repas sont divisés en “premier” et en “second”, ce qui fait rapidement grimper le budget si l’on veut un repas complet. Il faut presque compter 30 euros pour associer le premier et le second, en y ajoutant une bière et les couverts. Je me rabats alors sur une pizza, excellente, mais bien moins chère. Les prix en Sicile sont légèrement inférieurs, à mon grand étonnement, que sur le reste du continent italien. 

Un restaurant local encore vide

Dieu sait que ça sent bon, mais lorsque l’on voyage avec un budget les prix font mal au portefeuille.

Après Messine, c’est en direction de Catane que je me rends. Premier constat, la ville est sale, très sale. Des déchets partout qui virevoltent dans l’air, des bouteilles de bière vides au pied des arbres, de la poussière partout.

La ville est remplie de saletés qui virevolte dans les airs, de nombreux oiseaux volent à la recherche de nourriture

La place est tout simplement dégueulasse et remplie de déchets partout.

C’est dans ce tourbillon de déchets que j’arrive à mon prochain hostel, qui s’apparente presque à une communauté. J’y rencontre Julie, elle est française et manager de l’établissement depuis quelques mois déjà. L’hostel est situé au 3e étage d’un immeuble et contient 8 chambres. A peine entré, je constate un environnement très particulier.

Un hall d'entrée peu éclairé qui ressemble à un appartement classique

L’entrée de l’hostel est plutôt inhabituelle, très calfeutrée.

Ici, tout est gratuit. Tu peux prendre ce que tu veux, tu n’as qu’à mettre une donation si tu estimes que ça en vaut la peine. Tu peux également laisser des objets ou vêtements que tu n’utilises plus”, me confie Julie. Elle me désigne une étagère  remplie de pantalons, de chaussures, de pulls et même de vêtements pour bébés !

Une étagère remplie de vêtements et chaussures à donner ou échanger

L’étagère n’est pas un endroit de rangement, mais plutôt un fourre-tout d’objets à donner ou échanger.

Elle poursuit sa visite en me montrant la cuisine. Dans le même esprit, on peut se servir en pain, confiture, fruits, etc. Il suffit juste de ramener quelque chose la prochaine fois ou de mettre une piécette dans le cochonnet qui trône sur le frigo. Le public est très différent de celui auquel j’ai l’habitude.

Je connais toutes les familles qui vivent ici et c’est l’occasion pour elles d’échanger avec d’autres types de personnes qu’elles n’auraient pas pu rencontrer dans un autre contexte.

Parmi les gens de l’hostel, il y a des voyageurs, des gens “en perdition” qui passent le plus clair de leur temps à fumer de la weed sur la terrasse, des familles avec des enfants ou encore des sans-papiers. Julie apparaît comme la bonne samaritaine, ce qui est plutôt cool comme initiative, mais qui finalement ne permet pas de mixer toutes ces populations ensemble. Les familles restent dans leurs chambres, les fumeurs squattent la terrasse, les introvertis sont barricadés dans leurs chambres et les plus motivés écument les bars jusqu’au bout de la nuit. L’hostel est véritablement un grand appartement avec de nombreuses chambres qui peuvent accueillir jusqu’à 5-6 lits. 

A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion de discuter avec Julie. Cette dernière m’a fait part de son impuissance face à certains comportements. “Le côté familial fonctionne chez la plupart des personnes qui s’investissent dans ce projet. Je connais toutes les familles qui vivent ici et c’est l’occasion pour elles d’échanger avec d’autres types de personnes qu’elles n’auraient pas pu rencontrer dans un autre contexte. Elles interagissent entre elles alors qu’elles ne l’auraient sans doute jamais fait auparavant. Cependant, certains sont plus récalcitrants et viennent simplement profiter d’un loyer pas cher ou font appel à ma sympathie pour les héberger gratuitement”, soupire-t-elle. “Le problème, c’est que nous avons toujours des charges à payer et que c’est moi qui en ai la responsabilité. Les fins de mois sont parfois compliquées car je dois avancer pour l’un ou l’autre résident qui ne parvient pas à payer son loyer. La plupart se trouvent dans des situations désespérées et ne pensent pas à leur avenir. Ils sont dépassés par la situation, mais plutôt que de me demander une avance pour parvenir à payer leur loyer, ils dépensent tout dans l’alcool et la drogue. Or, ils avaient en leur possession plus de 75% de la somme.”

Julie est complètement dépassée par les évènements. Elle semble perdue entre ses croyances et la réalité. Elle m’explique que le propriétaire lui a laissé la gestion de l’hostel pour partir en vacances. Alors qu’elle-même n’était qu’une voyageuse un peu paumée il y a encore quelques mois. Depuis, c’est elle qui a repris le flambeau et elle a pour ambition de s’approprier l’hostel avec le reste de ses économies. “Ce ne sera pas simple”, confie-t-elle, “mais ça je le savais en quittant la France pour venir ici. Je suis tombée amoureuse de la ville car elle est chaotique. Un peu comme l’était ma vie en France. Je me sens bien ici car rien ne me rappelle que j’ai échoué. A mon tour de prouver que je peux m’en sortir !”

Un site historique de Syracuse montre les traces d'un amphithéâtre

Syracuse est une ville riche en histoire et culture.

Mon voyage en Sicile se poursuivra encore quelques jours: Syracuse et ses beaux sites historiques ainsi que son bord de mer. La superbe Enna entourée de montagnes et son réceptionniste désagréable. Celui qui demande à vérifier mes vaccins, tout en ne portant pas de masque et en fumant derrière le comptoir de la réception. Toujours à Enna, j’ai été aidé à deux reprises, lors de mon arrivée et mon départ, par des gens qui m’ont pris en stop. Les Siciliens ont gagné mon cœur. Et enfin, Palerme, la ville la plus peuplée de Sicile, est un petit bijou architectural. Le temps passe à une vitesse folle et il faut que je rejoigne le continent. Fêter Noël à Naples me paraît plus idéal pour rencontrer des gens que de rester en Sicile. J’embarque dans un nouveau ferry et prend le cap vers ma prochaine destination.

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