Italie

Chapitre 2 : Accueil glacial

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Après un bref arrêt à Matera, où a été tourné le dernier James Bond que j’ai vu en Moldavie, il est déjà temps pour moi de rejoindre ma nouvelle destination.

 Village logé au creux d'une montagne

« No time to die », le dernier James Bond a été tourné à Matera

C’est par bus que j’arrive enfin à Salerne. Le soleil vient de tomber et je découvre, avec surprise, des rues animées, des gens encore attablés en terrasse et de la musique de part et d’autre. Voilà qui tranche complètement avec le calme et le sentiment d’abandon que m’avait procuré Lecce. En plus, le temps est encore assez doux, ce qui rend mon parcours jusque l’hostel des plus agréable, et ce malgré mes 17 kilos sur le dos. J’aperçois une “porte de hobbit” pour pénétrer dans l’immeuble quelque peu défraîchi.

vue en contre plongée de l'immeuble délabré de Salerne

L’immeuble et l’hostel ont besoin d’un coup de peinture fraîche !

Effectivement, la plupart des habitations italiennes ont des toutes petites portes par lesquelles il faut s’engouffrer. Une véritable galère avec mon sac, qui m’oblige à me contorsionner comme un élève assidu du cirque du Soleil. Mission accomplie, non sans mal, plus que trois étages et j’arriverai enfin dans l’hostel. Une fois sur place, c’est le drame. L’hostel est dans un bordel sans nom. En pleine rénovation, sans chauffage, avec des échafaudages dans tous les coins, la cuisine est infâme, bref je m’y sens mal. Il n’y a aucune véritable atmosphère. Je partage un dortoir, qui est constitué de 6 lits superposés, avec une petite chaufferette – uniquement allumée le soir – pour tenter de réchauffer la pièce avec son immense plafond. La chambre n’est pas constituée de voyageurs, mais de travailleurs qui effectuent les travaux en échange du logement. La propriétaire, quant à elle, est cloîtrée dans la cuisine –  seule pièce où un petit chauffage d’appoint demeure allumé non-stop -, entre un ramassis de casseroles et les restes de fromage qui occupent la table. Impossible d’y manger ou même de se poser quelques secondes. Les autres pièces sont remplies de poussière, dus aux travaux de rénovation, et d’autres sentent fort la peinture. Les douches sont de simples tuyaux les uns à côté des autres, sans même une porte de séparation.

Une magnifique vue sur la ville de Salerne avec la mer en contrebas

La ville de Salerne est très belle et offre de jolis paysages lorsqu’on s’aventure sur les hauteurs.

Heureusement, Salerne est une ville agréable et je passerai le plus clair de mon temps dehors pour éviter de rester dans cet hostel pourri. Par contre, ce qui me déplait le plus, en règle générale, c’est l’attitude des Italiens. Je ne sais pas pourquoi, mais la plupart des personnes rencontrées ne disent ni “bonjour”, ni “merci”, te regardent à peine et ne font aucun effort pour t’aider. Lorsque quelqu’un ne parle pas leur langue, il se retrouve face à un mur. C’est à toi de t’adapter –  et je suis d’accord sur le principe -, mais il n’y a aucune aide ou de pas fait dans sa direction. Cette première véritable découverte de l’Italie me laisse pantois. Où est passée la chaleur et le contact tant vanté par ma famille ? L’idéal est de ne pas philosopher sur ses thématiques, en particulier à l’approche des carrefours, car ils conduisent tous comme des sombres connards. Que le feu soit rouge ou pas, ils passent. Que le feu soit vert pour les piétons ne change rien également. A vos risques et périls !

Quelques jours après, je décide de prendre un ferry en direction de la Sicile et de découvrir la terre de mes grands-parents maternels. Un voyage qui me tient à cœur, moi qui n’ai jamais vraiment été passionné par mes racines italiennes. Bizarrement, mon bateau ne part pas du port touristique mais du commercial. Il s’agit d’un bateau de fret. A force de prendre des billets pas chers, on se retrouve parfois avec de belles surprises.

Une photo des billets pour le ferry

Les billets doivent être d’abord récupérés au sein du port commercial avant d’embarquer.

A l’entrée du port, je dois attendre qu’un type en voiturette vienne me chercher pour que je puisse prendre mon ticket. Il m’emmènera sur le bateau où je trouverai tout de même un bar avec quelques chaises. En effet, je suis le seul passager qui n’est pas véhiculé. Tous les autres étaient rentrés avec leur propre voiture ou camion. Parfait, j’ai de quoi brancher mon PC et me faire une partie de “Bioshock”. Constatant que je suis seul, une quadragénaire italienne tente de me faire la causette. Je devrai utiliser le peu de compétences que j’ai en italien, ainsi que Google Translate, pour lui expliquer que je comprends ce qu’elle me dit, mais que je suis incapable de lui répondre. Grave erreur, elle commencera à me raconter toute sa vie. Je ne peux qu’acquiescer de la tête ou sourire bêtement en attendant qu’elle s’épuise. 

Vue sur des immeubles entourés d'arbres et de statues

Je pars enfin à la découverte de la Sicile !

9h30 plus tard, je débarque enfin à Messine ! Le changement est déjà  visible. Plusieurs personnes m’indiquent le chemin, parfois avec un anglais très correct. Les Siciliens me semblent déjà plus souriants et plus avenants. Serait-ce enfin la réconciliation avec “ma patrie” ?

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