Pékin

Chapitre 1 : Surveillance rapprochée

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Après ces mésaventures surprenantes en Egypte, je décide de me rendre à Pékin. Je ne compte pas y rester longtemps, juste l’histoire de quelques jours afin de profiter de leur visa de transfert gratuit pour me diriger vers Taïwan et y retrouver des potes. J’avais prévu d’arriver pour le nouvel an lunaire afin de fêter ça avec eux et de reprendre un peu contact avec l’une de mes premières destinations (j’ai débuté mon tour du monde par Tokyo, mais je n’en ai pas parlé sur ce blog). Les informations sur le net et à la télévision mentionnent un virus, cousin du SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), qui a infecté plusieurs centaines de personnes dans un marché de Wuhan en fin décembre. Je ne suis pas vraiment inquiet, je dois bien le reconnaître. Wuhan se situe à plus de 1000 kilomètres au sud de Pékin. Ses premiers symptômes sont loin d’être graves et la mortalité est inférieure à une grippe saisonnière. C’est en tout cas, ce qui se disait le 21 janvier lors de mon embarquement en direction de Pékin.

A Pékin, la température est définitivement en dessous de zéro !

Dans l’avion, je fis connaissance avec Brigitte, une Anglaise qui parlait beaucoup trop et qui vivait en Chine depuis un bon moment.

Ha, je ne mets jamais mon téléphone en mode avion. C’est des conneries de toute façon. Tiens tu peux te connecter !

-C’est ta première fois en Chine ? Me demande-t-elle après m’avoir démontré ses capacités conversationnelles avec l’une des hôtesses
-Oui ! Que me recommandes-tu de voir sur place ? Répondis-je

La conversation continuera de longues heures durant avant qu’elle ne me suggère d’installer un VPN pour que je puisse avoir un séjour plus « simple ».

-Oh oui, merde ! J’ai complètement oublié de le faire ! C’est trop tard maintenant !
-Ha non t’inquiètes ! Je vais te partager ma connexion en wifi comme ça tu peux l’installer
-Comment tu vas faire ça ? On est en plein vol ! Plaisantais-je
-Ha, je ne mets jamais mon téléphone en mode avion. C’est des conneries de toute façon. Tiens tu peux te connecter !

J’acquiesce, tout en levant les yeux au ciel, et télécharge l’un des VPN qu’elle me recommande. Cependant, à peine l’ai-je téléchargé que je n’arrive pas à l’utiliser. Est-ce parce que mon téléphone est de marque chinoise ? Mon téléphone est-t-il déjà bloqué par la Chine ? Ce léger handicap va compliquer mes futurs déplacements. Impossible d’accéder aux réseaux sociaux, impossible d’utiliser Google Maps pour me repérer dans la ville, impossible également de consulter mes mails avec les preuves de ma réservation. Heureusement, j’avais fait un screenshot de l’hostel avant d’embarquer.

L’avion atterrit et je me dirige vers la file des “transfert free visa”. Je suis le seul à en demander, c’est une bonne nouvelle, je ne devrais pas rester trop longtemps. La première fiche qu’on me remet est plutôt classique: nom, prénom, nationalité, raison du voyage, numéro du vol,… Cependant, une case m’intrigue. “Avez-vous déjà été en Chine ?” Je réfléchis. Est-ce que je dois compter Taïwan et Hong-Kong dans la Chine ? Je suis tiraillé car les tampons dans mon passeport sont, pour moi, une preuve qu’il s’agit d’un territoire différent. Bien que politiquement, je suis au courant des tensions qui les concernent. Je décide de cocher la case “non” et me rend au guichet. Je remet mon passeport à l’agent qui commence à vérifier mes données.

-Vous n’êtes jamais allé en Chine ? S’étonne-t-elle.
-Je n’ai été qu’à Taïwan et à Hong-Kong, mais ce n’est pas la Chine continentale, me justifiais-je

L’agent me fixe du regard, silencieuse, en tournant les pages de mon passeport.

-D’où venez-vous ?
-J’arrive du Caire, précisais-je
-Vous rentrez au Caire après ?
-Non, je vais à Taïwan
-Combien de temps vous restez à Pékin ?
-Trois jours à peine, répondis-je
-Pourquoi rester si peu et partir à Taïwan après ?
-Car j’ai des amis là-bas. Je vais fêter le nouvel an lunaire avec eux
-Quels sont vos liens avec Taïwan ?
-J’y ai effectué un working holiday visa en 2017-2018
-C’est tout ?
-Oui, oui !

Dans un coin de ma tête, j’ai commencé à prier pour ne pas qu’il trouve mon blog. Je ne sais pas si je devenais parano, mais très vite un frisson me parcouru l’échine. J’ai finalement passé le contrôle et reçu mon visa gratuit pour une période de six jours. L’agent m’adressa néanmoins ces quelques mots.

-Il est recommandé que vous achetiez un masque pour vous déplacer dans le centre de Pékin.
-Ha oui ? C’est préférable ? Par rapport à ce fameux virus.
-C’est extrêmement recommandé

A partir du lendemain, ce sera masque toute la journée (un avant-goût de ce qui m’attendra de retour en Belgique)

Le message est bien reçu, j’irai acheter mon premier masque dès le lendemain car il se fait tard. A peine sorti de l’aéroport, je constate que ma seule option est de prendre un taxi. Il est quasiment 23h30 et mon hostel est assez loin. Je monte avec l’un des chauffeurs les plus grossiers auquel j’ai eu affaire. Il ne comprenait pas que je ne parle pas mandarin et je l’entendais grommeler dans ses dents. Juste ce qu’il faut pour comprendre que mon manque de fluidité et mes hésitations n’étaient pas tolérables à son goût. Quelle entrée en la matière. N’ayant pas l’adresse exacte, mon chauffeur me déposera en pleine rue, m’affirmant que mon hostel est dans une zone piétonnière. Bien entendu, c’était complètement faux. Je finirai par errer jusqu’à minuit trente dans les rues froides et vides de la capitale. Avec une température avoisinant les -7 degrés, je n’avais qu’une hâte, trouver mon hostel et me blottir sous la couette. Grâce à quelques passants, je fus, enfin, bien orienté et pu le rejoindre. A moi le repos et la tranquillité pour cette première soirée plutôt étrange à Pékin.

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