Thaïlande

Chapitre 1 : Accalmie dans la tempête

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Je commence à saturer. Cette année 2020 ne se présente pas sous les meilleures auspices, je dois bien le reconnaître. A peine débarqué de l’avion, je m’imagine mille scénarios. Vais-je être accepté? Me fera-t-on rentrer en Thaïlande malgré mon escapade de deux jours en Chine ? “C’était il y a plus de deux mois”, pensais-je de nouveau. Alors que je suis plongé dans mes pensées, je réalise que je viens de franchir le contrôle d’immigrations. Je viens d’être accepté en Thaïlande, connu pour être le « pays du sourire ». C’est déjà une bonne nouvelle, j’en esquisse un de soulagement. Je n’attends qu’une seule chose: arriver à mon hostel et roupiller. Il me faudra encore presque deux heures avant de voir mon rêve se réaliser suite à des problèmes de communication avec le propriétaire. Une fois la clé de ma chambre obtenue, je plonge dans mon lit et rejoint Morphée en moins de cinq minutes. Un délice après avoir attendu presque dix heures à l’aéroport de Colombo.

La Thaïlande est une mine d’or en termes d’architecture: des buildings, des temples, des constructions anciennes

Le jour se lève peu à peu car j’entends les plus matinaux de mon dortoir discuter. Il est temps pour moi de m’éveiller à mon tour et de partir explorer la capitale thaïlandaise. Mes finances sont au plus bas. Depuis que je suis parti, j’ai perdu presque 2.000 euros en visas, hôtels, vols que je n’ai pas pu utiliser. J’ai beau être en Thaïlande, je ne suis pas là pour sortir et faire la fête. J’essaye d’être économe au possible, même si je ne peux résister aux succulents plats thaïlandais. Je suis en plein doute car le coronavirus progresse petit à petit. En effet, les premiers cas arrivent en Belgique. Il y a 59 personnes positives le 6 mars 2020, la Thaïlande en attendant ne signale aucun cas. Je me sens presque plus en sécurité ici que chez moi. Néanmoins, j’évite les zones trop fréquentées, porte par réflexe mon masque dans les gares et stations de métro. Je concentre mon activité principale en me baladant dans les nombreux temples, principalement vides, et profite avec sérénité des 40 degrés affichés au thermomètre.

Il est possible d’acheter des sceaux d’offrandes regroupant tout ce dont la divinité peut avoir besoin

J’effectue un tour de Thaïlande en direction du nord, préférant éviter les plages bondées du sud du pays. J’ignore encore combien de temps je vais y rester et surtout comment va évoluer la Covid-19.  Je me rends rapidement compte que les rues sont assez désertes et que les touristes ne sont que peu nombreux. Dans les lieux de transport en commun, des distributeurs de gel sont déjà installés et des agents vérifient que les usagers se désinfectent bien les mains avant d’entrer. C’est du même acabit pour les restaurants, du moins ceux qui sont principalement en intérieurs, ainsi qu’à l’entrée des sites touristiques comme les temples les plus connus.

Certains édifices mettent en avant les moines en proposant des répliques en cire. Plutôt flippant !

Une prise de température est également exigée. Si celle-ci dépasse 38 degrés, l’accès aux sites est interdit. Au fur et à mesure, le gel fait son apparition à l’entrée des hostels, hôtels et Airbnb. Préventivement, la Thaïlande semble déjà mettre en place de quoi éviter l’épidémie, alors qu’elle n’a même pas encore de cas officiels répertoriés. 

Certaines réalisations sont à couper le souffle. Une beauté transcendante qui ne laisse personne indifférent

A l’entrée de nombreux édifices, des panneaux mettent en garde sur les représentations de Bouddha. Beaucoup de Thaïlandais et de Sri Lankais considèrent l’image de Bouddha comme étant sacrée. C’est pourquoi les représentations et tatouages de celui-ci sont jugés de manière négative. L’image de Bouddha ne peut être décorative ou ornementale. De plus, si le tatouage est placé sur une partie du corps inappropriée (torse, bas du dos, cuisse, etc.), c’est encore plus irrespectueux pour les bouddhistes. Les  Bouddhas que l’on achète en souvenirs sont très mal vus également. Il est préférable de cacher ses tatouages si ceux-ci représentent Bouddha. La Thaïlande, ainsi que d’autres pays, essaye depuis de nombreuses années de faire interdire ce type de tatouage pour les touristes.

Cette organisation affiche des consignes plutôt strictes qui ont pour but d’éduquer les touristes.

Lors de mon périple, je m’arrête à Chiang Mai et je constate que je développe pour la première fois de ma vie des allergies. L’air est lourd, parfois difficilement respirable. Ce n’est pas étonnant puisque c’est à cette période que de nombreux habitants mettent le feu à leurs terres pour défricher les terrains. On la surnomme “la saison des fumées”. “Chaque année, durant la saison sèche, de novembre à février, puis la saison chaude, de mars à mai, les agriculteurs du nord de la Thaïlande brûlent leurs champs pour préparer la terre pour la prochaine récolte et aussi pour se débarrasser des déchets biologiques tels que les feuilles dans les forêts ou les plants de maïs, ce qui produit de grande quantités de particules fines dans l’air.” Cette pratique ancienne est parfois le seul moyen que connaissent les petits agriculteurs, dont la vie dépend surtout du nombre de récoltes qu’ils vont être en mesure d’obtenir. Sans stratégie centralisée, il est compliqué pour le gouvernement d’interdire cette pratique, très souvent non-respectée, car les aides ne sont pas suffisantes – voire inexistantes dans certains cas -, pour permettre aux Thaïlandais du nord de procéder différemment. Le taux de pollution dans l’air a tendance à sensiblement augmenter et – dans des situations extrêmes -, il fait tout simplement irrespirable à Chiang Mai. Heureusement pour moi, je ne suis qu’au début de “la saison des fumées” donc l’inconfort n’est que modéré. Cela fait déjà dix jours que je suis en Thaïlande et pour le moment tout semble se dérouler sans trop d’accros. Néanmoins, des rumeurs provenant de Belgique évoquent la possibilité d’un confinement dans les prochains jours. Par conséquent, il me fallait prendre une décision très rapidement: rester ou partir.

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